De Hambrégie aux mines de sels

Publié le par Le Macroscope

Nous nous posons toujours et encore la question, pourquoi une centrale thermique au gaz à Hambach ? Quelles sont les raisons ? Est-ce que l’endroit est approprié pour construire ce genre d’équipement industriel ? Que se trouve-t’il à proximité, ou même sous, le terrain choisi par Direct Energie ?

 

Une nouvelle fois, d’un point de vu besoin de production d’électricité thermique en France, il n’y a aucun besoin. Avec les 16 C.C.G. déjà autorisés (avant Hambrégie) nous dépassons déjà les besoins de remplacements de centrales thermiques au charbon qui vont fermer et les besoins « nouveaux » en considérant une augmentation de la consommation électrique en France. Il faut savoir que le Grenelle de l’environnement prévoit une baisse de la consommation électrique de 20% d’ici 2020.

 

La Loi sur l’électricité autorise l’implantation de nouveaux concurrents à E.D.F.. Cette loi ne fixe donc pas de limites et laisserait la porte ouverte à toute sortes de dérives, comme ce serait le cas ici. D’un coté le Grenelle qui fixe une réduction de la consommation d’électricité et de l’autre un offre grandissante de production. On va donc pousser les gens à la consommation au lieu de faire l’inverse.

 

Pourquoi construire une centrale, là où à 40 km à la ronde il y a déjà 6 centrales thermiques en activités (9 dans un rayon de 70 km)?

 

Centrales-thermiques-autour-de-Hambach.JPG

 

Il aurait été plus « logique », dans ce cas, fixer une production d’électricité maximale pour la France et  établir des marchés publics pour la construction, le renouvellement etc. de centrales thermiques. Ici on ne contrôle plus rien et tout part à la dérive.

 

Pour le choix du site, il y a effectivement les canalisations principales de gaz Erching-Cervin qui passent à proximité du terrain choisi. En revanche le raccordement électrique à 400 000 volts se trouve à près d’une vingtaine de kilomètres. L’eau pour la centrale doit être prélevée dans la Sarre. Celle-ci se trouve à 3 ou 4 kilomètres du terrain. Mais on connaît déjà les problèmes que vont poser ces prélèvements, tant sur le débit de la rivière que sur la qualité de l’eau. Il existe d’autres techniques que de prélever de l’eau pour faire fonctionner les circuits de refroidissements d’une centrale.

 

Il aurait fallu trouver un endroit à proximité du croisement entre conduites de gaz et lignes T.H.T. de 400 000 volts. Mais tout ceci, bien évidement, en cas de nécessité absolue de construire une centrale thermique. Ce qui n’est pas le cas ici.

 

Un terrain déjà viabilisé, c’est probablement ce qui a également permis d’opter pour ce choix. Mais ce terrain n’est pas encore viabilisé, et on ne sait jamais quel vestige gallo-romain ou autres surprises on pourrait trouver (c’est une boutade, mais on ne sait jamais).

 

Nous avons donc utilisé l’outil mis à disposition par le B.R.G.M.

( http://infoterre.brgm.fr/viewer/MainTileForward.do# )

 

L’outil est simple à utiliser pour quelqu’un qui a l’habitude des Systèmes d’Informations Géographique. Nous nous sommes intéressés à Hambach et plus particulièrement le terrain choisi pour l’implantation de cette centrale et ses proches alentours.

 

BRGM-Plan-Hambach-Willerwald-avec-centrale-.JPG

 

Le rectangle rouge indique l’emplacement prévu de cette centrale.

 

legende.JPG

 

On découvre ainsi que le terrain se trouve :

 

- dans une zone appelée « Anciens sites industriels et activités de service non localisés »

- dans une zone appelée « Aléa retrait-gonflement des argiles »

- dans une zone appelée « Masses d'eau souterraine de niveau 01 »

- dans une zone appelée « Masses d'eau souterraine de niveau 02 »

- sur une couche géologique « Marnes à gypse et sel gemme (Marnes irisées inférieures)(Keuper moyen) »

- entouré de divers sondages et autre ouvrages industriels (voir « Banque du Sous-Sol » sur le site du B.R.G.M.)

- en dehors d’une zone appelée « ADES - Points d'eau uniquement qualité »

 

Anciens sites industriels et activités de service non localisés : cela signifie, qu’il a pu y avoir diverses exploitations industrielles, comme par exemple, l’exploitation du sel gemme.

 

Aléa retrait-gonflement des argiles : cela veut simplement dire que les terrains peuvent gonfler et revenir à leur état normal en fonction de la quantité d’eau absorbée. Il en a, apparemment été tenu compte dans le dossier de permis de construire (aléas faibles à moyen).

Masses d'eau souterraine de niveau 01 : ce sont, en principe les eaux « alluviales » (celles qui sont les plus proches de la surface).

 

Masses d'eau souterraine de niveau 02 : ce sont, en principe les eaux « socles » (qui circulent un peu plus bas dans le sous-sol, souvent à travers la roche).

 

Couche géologique « Marnes à gypse et sel gemme (Marnes irisées inférieures)(Keuper moyen) » : probablement en lien avec les « anciens sites industriels… » où l’exploitation du sel a pu avoir lieu. Il serait bon de vérifier cela, car comme pour toute exploitation minière, il peut y avoir des risques d’affaissements de terrains.

 

Entouré de divers sondages et autre ouvrages industriels : Probablement beaucoup de sondages permettant, soit de repérer les couches de sel, soit de les exploiter par dissolution. Une recherche à ce niveau s’impose.

 

 ADES - Points d'eau uniquement qualité : dans notre cas le terrain se trouve sur une commune qui ne dispose pas d’un qualitomètre (point d’eau ou un ensemble de points d’eau où l’on effectue des mesures ou des prélèvements en vue d’analyses physico-chimiques, bactériologiques…, pour déterminer la qualité de l’eau qui en est issue). Herbitzheim en dispose.

 

Il serait bien que le public puisse être informé sur les éventuelles exploitations minières qui auraient pu avoir lieu, sur les mesures de qualité de l’eau souterraine à l’endroit où la centrale est prévue, afin de faire des comparaisons avant et après.

 

La « découverte » de ces gisements de sel, m’a conduit à approfondir mes recherches et ainsi à apprendre qu’il y a (avait) des concessions minières sur tout notre secteur, depuis Woustviller à Sarralbe, Hambach et Willerwald compris.

 

On peut trouver cela sur le site de (anciennement) la D.R.I.R.E. « Bassin salifère lorrain - Tableau de correspondance entre les communes et les concessions » - BASSIN DE SARRALBE (13 communes)

  ( http://www.lorraine.drire.gouv.fr/webdrire/files/mines/BS_Tableau%20communes%20concessions.xls )

 

liste-des-concessions-1-sur-2.JPG

 liste-des-concessions-2-sur-2.JPG

 

L'information sur la présence d'une mine exploitée

  ( http://www.lorraine.drire.gouv.fr/webdrire/affichage/viewPage.asp?PAGE=954 )

 

carte-lorraine-avec-rectangle-sarralbe.JPG

 

 

 

Hambach-20BRGM-20Concessions-20minieres-1-.JPG

 

 

Si des personnes ont des informations plus précises à ce sujet je suis preneur.

 

Les travaux liés aux concessions ont du cesser :

 

« ARRETE 2009-DEDD/4-4 en date du 5 août 2009 donnant acte à la société SOLVAY de l'arrêt définitif des travaux liés aux concessions de mines de sources salées et de sel gemme de WUSTWEILER I et II, HAMBACH I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII et IX, HOLVING, ALFRED, ERNST, ERRENBACH, WEYERBERG, PROSPER, REBBERG, de mines de sel gemme de NIEDERAU et de mines de sources salées de NIEDERAU »

(source : http://www.moselle.pref.gouv.fr/bulletin_officiel/2009_15_som.pdf )

 

Apparemment ces arrêts sont-ils liés à ceci :

 

 « Bien que l’arrêt technique des exploitations soit intervenu parfois depuis très longtemps dans le bassin salifère, les procédures d’arrêt administratif prévues par le code minier restent très souvent à conduire. La gestion des titres miniers dans le bassin salifère sera relancée en vue d’initier une dynamique volontaire d’arrêt des travaux et de renonciation, rendue nécessaire en particulier dans les bassins de Dieuze et de Sarralbe du fait de l’inexistence de toute activité minière résiduelle. Un travail de recensement des concessions et de leur situation administrative, d’identification des concessionnaires, d’information de ceux-ci sur les procédures administratives et le contenu des dossiers administratifs à présenter à cet effet sera dans un premier temps réalisé. »

(source : http://www.lorraine.drire.gouv.fr/webdrire/files/mines/Publi_2008_0909_Bilan_Risques_Miniers.pdf )

 

Toutes ces données m’ont amené, comme cela arrive fréquemment lors de recherches sur internet à une autres « découverte ». On s’intéresse de près à notre région pour d’autres raisons. Notre sous-sol est adapté (d’après l’A.N.D.R.A.) au stockage de déchets radioactifs. Peu de communes en France sont candidates à ce stockage.

 

carte-france-dechets-nucleaires.JPG

 

(source http://www.andra.fr/projet-stockage-faible-profondeur/pages/fr/menu31/le-projet/la-demarche-de-recherche-de-site/appel-a-candidatures-1565.html  puis « Télécharger le rapport d'analyse remis au gouvernement (dossier mis à jour fin mai 2009 pour intégrer le retrait des candidatures) (PDF - 32.06 Mo) » )

 

Il « faudra bien » stocker ces déchets quelque part et je suis sur que le gouvernement trouvera une solution à ce « problème ». Les arrêts de travaux dans les concessions aux alentours de Sarralbe sont probablement innocents mais avec tout ce qu’on « découvre » tous les jours …

 

 

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