La réforme des retraites vu de l'extérieur

Publié le par Le Macroscope

Après un Grenelle en demi-teinte, une taxe carbone abandonnée momentanément, un plan de sauvegarde des banques au lieu des citoyens nécessiteux, un capitalisme qui devait, soi-disant être régulé et qui au contraire enfonce encore plus les français, une réforme des collectivités territoriales (Regions/Départements), etc. on va maintenant s’attaquer à la réforme des retraites.

 

Si je ne suis pas contre le fait d’harmoniser les différents régimes de retraites, comme déjà évoque dans mon article « La crise a bon dos » (http://le-macroscope.over-blog.fr/article-la-crise-a-bon-dos-50241352.html ), il ne faut tout de même pas faire n’importe quoi.

 

L’âge de départ normal à la retraite devrait rester 60 ans avec possibilité, comme c’est le cas actuellement de pouvoir travailler, pour ceux qui le veulent jusqu’à 70 ans (loi n° 2008-1330 de financement de la sécurité sociale pour 2009 du 17 décembre 2008). Et la possibilité, pour les emplois pénibles, de partir à la retraite beaucoup plus tôt.

 

Pour les personnes, encore en état de travailler après 60 ans, il serait possible qu’ils officient en tant que consultants pour les entreprises. Il faudrait aménager des facilités à ce genre d’activité. En somme, permettre à ces personnes d’apporter leur expérience, sans qu’ils soient « obligés » d’avoir encore à travailler. Ils pourraient continuer à cotiser pour compléter leur retraite. Leur retraite serait réactualisée chaque année en fonction des trimestres supplémentaires cotisés. En somme « travailler plus pour gagner plus ».

 

Il est certain que cotiser durant 40 années, voire plus maintenant, n’est pas donné à tout le monde. Beaucoup de jeunes poursuivent leurs études et se retrouvent sur le marché du travail à l’âge de 20, 25 voire 30 ans. S’il faut encore cotiser plus de 40 années on pourra de suite leurs verser (ou plutôt à leur proches) les frais d’obsèques.

 

Bien sur il y a la possibilité de racheter des trimestres pour ceux qui ont fait des études supérieures, mais il devrait également y avoir la possibilité de racheter ces années à n’importe quel moment de son parcours professionnel, car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve.

 

 

Y-a-t’il de vraies négociations entre partenaires sociaux et gouvernement ? L’avenir nous le dira, en attendant nous pouvons uniquement nous baser sur ce que rapportent les médias : Reuters 9 juin 2010 « L'exécutif conteste que les modalités de la réforme, qui sera présentée aux syndicats le 15 juin, soient déjà arbitrées alors que le déficit des retraites est attendu à 9,3 milliards en 2010 selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale » ( http://fr.news.yahoo.com/4/20100609/tts-france-retraites-ca02f96.html )

 

C’est du déjà vu !

 

Le gouvernement veut l’égalité pour tous au regard de la retraite. Je ne vais plus aborder le sujet des retraites des parlementaires etc., déjà évoqué dans mon autre article. Mais pour l’égalité au regard de la retraite il faudrait également l’égalité au regard des statuts des travailleurs. Trouvez-vous normal que les agents de Direct-Energie, Powéo et d’autres producteurs et  fournisseurs d’électricité ne bénéficient pas des mêmes statuts que les agents E.D.F., G.D.F. etc. ?

 

Dans une dépêche parue sur le site du Monde (Electricité: vote du texte mardi, la question de la CNR reportée - http://www.lemonde.fr/depeches/2010/06/10/electricite-vote-du-texte-mardi-la-question-de-la-cnr-reportee_3244_108_42686868.html ), on peut lire « Pourquoi GDF Suez et EDF auraient-ils l'obligation d'appliquer le statut et pas Poweo et Direct Energie? » et surtout « Le Nouveau Centre a demandé la suppression de cet article estimant que l'extension du régime des IEG n'était "pas opportune alors que nous faisons face à une réforme globale du régime de retraites". »

 

En somme on va laisser une différence de statuts, entre des personnes qui font le même travail, mais chez des employeurs différents pour ensuite harmoniser les retraites ?

 

On y voit bien l’emprunte d’une volonté de diviser les gens pour mieux régner. De cette façon, les organisations syndicales vont être plus faibles et on pourra plus facilement imposer sa vision des choses. C’est ce qu’on appelle « concertation », « négociation » etc.

 

Mais pour financer toutes ces demi-mesures qui n’ont aucun effet bénéfique sur la relance, le pouvoir d’achat et la précarité il faut de l’argent. Pour cela, le gouvernement ne manque pas d’ingéniosité. On va, par exemple, se débarrasser des biens immobiliers non utilisés pour le moment. Comme précisé dans cet article : »L’Etat vend une centaine de biens en Lorraine » ( http://www.republicain-lorrain.fr/fr/region/article/3286687/L-Etat-vend-une-centaine-de-biens-en-Lorraine.html ). Et après, lorsque tout sera vendu, on fera quoi pour trouver de l’argent ?

 

Vous m’excuserez, si l’article paraît décousu, mais c’est à l’image de la politique menée actuellement. On met des rustines un peu partout.

 

Il faut discuter avec les partenaires sociaux et les autres tendances politiques pour avancer dans le bon sens en tenant compte de leurs revendications. Et pas fixer une date butoir très courte et essayer de tout faire entrer dans ce « sac » qui est limité. On laisse tous les amendements à coté de ce sac en ce moment. Tout cela pour aller plus vite, pour se donner plus de pouvoir sans tenir compte de la préoccupation d’une majorité de français.

 

Et on va profiter de la coupe du monde de football pour glisser par-ci, par-là quelques petites lois, quelques petits décrets sans que les gens s’en aperçoivent. C’est ce que j’appelle de la gestion de projet, rondement menée.

 

En attendant, mes problèmes quotidiens, et ceux d’autres de mes concitoyens, ne sont pas réglés, et ne seront pas en passe de l’être.

 

 

 

 

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article