Hambrégie : Lignes très haute tension - Complément à l'article du R.L.

Publié le par Le Macroscope

Le Républicain Lorrain vient de faire paraître les articles des réunions de concertation concernant les projets de raccordement électrique du projet de centrale au gaz Hambrégie.

( http://www.republicain-lorrain.fr/fr/sarreguemines/article/3531978/Lignes-haute-tension-trace-en-septembre.html et http://www.republicain-lorrain.fr/fr/sarreguemines/sarreguemines/article/3531801/Lignes-haute-tension-trace-final-en-septembre.html )

 

Il est à rappeler que nous sommes fermement opposés au projet Hambrégie et de ce fait également aux projets de raccordement qui en découlent.

 

Je rappelle également que pour nous (A.D.P.S.E.) c’est un seul et même projet qui a été saucissonné pour que les citoyens n’aient pas une vue d’ensemble et que ces sous-projets ne soient présentés qu’à une partie de la population. Les citoyens ne peuvent évoquer des éléments du projet s’ils ne figurent pas dans ces sous-projets. Ce qui limite fortement leurs moyens d’expression.

 

C’est d’ailleurs l’avis exprimé par la Commission Nationale des Débats Publics : « La Commission regrette que le projet de construction d’une centrale de production de type « Cycle combiné à gaz », qui rend nécessaire le raccordement et fonde l’opportunité de ce dernier, ne donne pas lieu, dans le cadre de la réglementation actuelle, à une saisine de la Commission nationale.

La Commission considère l’ensemble du projet (production d’électricité et évacuation) comme artificiellement scindé. » ( http://www.debatpublic.fr/docs//communique_decisions/communiquedecisioncndp-4-novembre-2009.pdf )

 

Si nous avons proposé un tracé, c’est surtout en cas de passage en force, comme c’est le cas pour l’autorisation d’exploiter de Hambrégie, qui, je le rappelle, fera l’objet d’un recours auprès du tribunal administratif de Strasbourg (l’arrêté de permis de construire fait déjà l’objet d’un recours). Il vaut mieux « limiter la casse ».

 

La politique de la « chaise vide » n’est pas la solution, mais il faut constamment veiller à ce que nos propos ne soient pas déformés. J’ai régulièrement fait remarquer que nous étions opposés au projet. Le message a été bien compris en sous-préfecture.

 

Concernant les articles parus dans le R.L. d’aujourd’hui. Il manque un élément que j’ai signalé, c’est l’obsolescence de la législation française concernant l’exposition aux champs magnétiques. « La recommandation se fonde sur la certitude qu’une exposition de 100 µT n’entraîne pas un courant induit supérieur à 2mA/m2 dans la tête et le tronc (100 µT est une valeur instantanée et non une valeur moyenne du champ magnétique établie sur la base d’une observation avérée). » ( http://www.rte-france.com/fr/actualites-dossiers/comprendre/les-champs-electromagnetiques/la-reglementation/les-textes-reglementaires )

 

Or il s’agit d’une exposition instantanée. Il n’est nullement fait part des expositions de longue durée (quelques heures par jour). Pourtant beaucoup d’études scientifiques font mention de risques « Cette étude ouvre, selon Jacques Lambrozo, une "troisième époque" dans l’évaluation du risque, rappelant aussi une "autre date importante" en 2000, lorsque d’autres travaux avaient montré que le risque de leucémie s’accroît chez l’enfant lorsque le champ magnétique est supérieur ou égal à 0,4 microtesla »

( http://www.criirem.org/index.php?option=com_content&view=article&id=90:lignes-haute-tension-et-sante-une-etude-britannique-qui-fait-date&catid=73:etudes-lignes-et-transformateurs&Itemid=131 )

 

D’autres pays ont déjà modifiés les normes d’exposition du public. « En Russie et dans les pays de l'Est de l'Europe, l'exposition au champ magnétique est limité à 18 Mg (1,8µT) »

( http://www.geobiologie.fr/fr/-/informer/habitat_sain/cem_50hz/prevention.html )

 

A L’assemblée Nationale, on débat également de ces normes « Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques - Mercredi  26 mai 2010 - Séance de 17 h 30 - Compte rendu n° 16 ) « M. Daniel Raoul, sénateur, rapporteur, a donc souligné que le risque était très faible mais que l’inquiétude n’était pas pour autant illégitime et qu’il fallait, dans le cadre d’une démarche bénéfice-risque, entreprendre les actions adéquates : chercher à sortir de l’incertitude et ne pas accroître le nombre des enfants exposés. Pour ce faire, il a proposé qu’en 2015 l’AFSSET procède à une nouvelle évaluation et puisse s’appuyer sur une relance des recherches : épidémiologiques, en laboratoire et sur les causes des leucémies elles-mêmes. Il a également suggéré de s’inspirer des Pays-Bas et de prendre une mesure prudentielle, limitée à 5 ans et non obligatoire, c'est-à-dire soumise localement à un choix bénéfice-risque, d’éviter les nouvelles constructions ou de lignes qui aboutiraient à exposer des enfants de moins de 6 ans à des champs moyens supérieurs à 0,4 µT. » ( http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-oecst/09-10/c0910016.asp )

 

Rien ne sert de multiplier les expositions aux champs magnétiques des habitants et de détruire l’environnement. Raison pour laquelle le tracé vers la ligne Marlenheim-Vigy serait la moins mauvaise solution (je rappelle encore une fois que nous sommes contre ces tracés, mais qu’en cas de bêtises de la part des décideurs, il vaut mieux avoir une solution de repli). On éviterait le tracé vers Rémelfing avec toutes les nuisances que cela engendre ainsi que l’extension du poste électrique de Rémelfing.

 

De toute façon R.T.E. creuserait une tranchée pour poser ces câbles autant poser deux lignes côtes à côtes, car même pour une tranchée de 70 cm de large, il faut « détruire » 5 mètres de bande de terre pour le passage des engins de chantier. Deux tranchées de 70 cm peuvent être comprises dans ces 5 mètres de bande de terrain.

 

Il faut également signaler, car cela n’a pas été évoqué jusqu’à présent, qu’il sera certainement nécessaire de construire des pistes, pour permettre aux tourets de câbles d’accéder aux chambres de jonctions. En effet, les camions transportant ces tourets ne peuvent circuler sur la bande de 5 mètres de largeur destinée aux engins de chantier. Ces pistes resteront probablement par la suite, afin de permettre d’accéder à ces chambres de jonctions en cas d’incident durant l’éventuelle exploitation de la centrale. Sur un tracé de 17 km (comme le précise R.T.E.), il faudra entre 16 et 21 chambres de jonctions. Que de terrains altérés inutilement !

 

Et comme de toute façon il faudra créer un poste de raccordement 400 000 volts pour se connecter à la ligne Marlenheim-Vigy, ce poste serait « rentable ».

 

Oui mais, si l’on double ces lignes, les champs magnétiques seront plus élevés ? Contrairement aux lignes aériennes, les champs magnétiques se diffusent moins loin en cas d’enfouissement de lignes (voir graphique ci-dessous)

 

courbes-de-champs-magnetiques.jpg

 

Ces champs magnétiques seront plus élevé à 1 mètre du sol en aplomb des lignes que dans le cas de lignes aériennes, mais du fait de la disposition en trèfle des câbles, ces champs magnétiques ont tendance à « s’annuler », disons plutôt à décroître rapidement lorsqu’on s’en éloigne. A 30 mètre de parts et d’autres de ces lignes enterrées, le champ magnétique est inférieur à 0,25µT. Il suffirait donc de se placer à 30 mètres au minimum des habitations (jardins compris).

 

Le seul hic, c’est que cela coûtera plus cher à Direct Energie et que les délais de raccordement de l’éventuelle centrale au gaz seraient prolongés. Mais ne vaut-il pas mieux de se soucier de la santé des habitants que de vouloir à tout prix « faire vite » ?

 

Comme vous pouvez le constater, nous réfléchissons à toutes les solutions techniquement possibles. Nous avons maintenant l’expérience du passage en force, malgré nos différentes interventions. Mais rien que pour le projet de la centrale Hambrégie, des restrictions supplémentaires ont été imposées à Direct-energie. Sans nos interventions, ils pourraient faire « n’importe quoi ».

 

Il ne faut surtout pas croire que nous sommes résignés. Nous nous battons toujours et encore contre ce projet, la preuve, les recours déposés. Mais tout ce que nous faisons pourra également servir à d’autres citoyens dans d’autres régions de France, qui sont également piégés par des implantations « forcées » et inutiles de centrale au gaz.

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